Entreprises libérées, de vraies difficultés

Accompagnant plusieurs entreprises dans leur aspiration à la libération, je peux dire que ce changement ne se fait pas facilement : d’une part à cause de sa radicalité incompatible avec l’égocentrisme normal ou habituel des 450_w948_h632_r4_q90-9dirigeants et d’autre part en raison de sa visée extrêmement ambitieuse : ce changement prend du temps et il ne suffit pas de le décréter pour qu’il s’opère !
Toutes les histoires d’entreprises dites libérées — je n’aime guère ce vocable d’ailleurs, je lui préfère celui d’organisations agiles — mettent en avant le côté idéal qui donne envie et c’est normal.

Inconvénient : on en oublierait presque les difficultés qui se posent et qui nécessitent une véritable régulation, notamment pour le management intermédiaire qui est bien souvent en questionnement, en recherche de sens. Lire la suite

Le sens se construit !

En passant

« Le sens n’est pas une chose que l’on découvre par hasard, comme la solution d’une énigme ou l’enjeu dans une chasse au trésor. Le sens est une chose que l’on construit à même notre propre vie, à partir de notre passé, de nos affections et de nos loyautés, de notre expérience de la nature humaine, de nos propres talents et réflexions, de notre compréhension et de nos convictions, des choses et des êtres qu’on aime, des valeurs, pour lesquelles on est prêt à sacrifier quelque chose. Vous seul pouvez les assembler en un modèle qui constituera votre existence. Faites-en une vie digne et pleine sens à vos yeux. Si vous y parvenez, le bien de vos succès et de vos infortunes deviendra secondaire. »

John Gardner

Entreprises Agiles

Suite à la très belle émission passée sur Arte sur le « Bonheur au travail » en février 2015* , Alexandre Gérard, PDG de Chronoflex, a publié un article sur son blog intitulé « alerte générale ». Il témoigne du fait qu’il voyait venir à lui quantité de chefs d’entreprises « avec des étoiles dans les yeux » désireux de libérer leur entreprise. Belle intention !

Attention ! dit-il avec justesse : libérer son entreprise implique d’abord de se libérer de l’emprise de son Ego de leader. Alexandre Gérard les interpelle en les invitant à se demander d’abord « quoi arrêter de faire » plutôt que « comment faire ». Ah la fameuse demande… Lire la suite

Sortir de la confusion managériale

Styles Management 4Les mots sont pléthore pour désigner les nouvelles modes du management. Collaboratif, coopératif, participatif, consensuel, consultatif…  C’est à s’y perdre. Derrière tout cette variété de vocables, on pourrait être tenté de changer les mots pour au final s’épargner de changer en profondeur les pratiques.

Ricardo Semler, le « libérateur » de la Semco au Brésil, pointe déjà l’illusion qu’ont certains leaders de manager en style participatif alors qu’en fait ils font du management consultatif. C’est l’une des confusions les plus répandues à ma connaissance. Consulter c’est demander son avis à ses co-dirigeants et prendre la décision seul ensuite. « Je vous ai écouté, merci. Voilà ma décision. » Faire participer, c’est accepter de partager la décision. Lire la suite

Ce sont les gens qui font la différence

94bd7ab2-e64d-44ed-94d5-17fb3df50b76« Ce ne sont pas les organisations qui font que les choses sont faites. Ce ne sont pas les plans et les programmes qui font que les choses sont faites. Si les choses sont faites, c’est grâce aux gens. Les organisations, les plans et les programmes sont soit une aide, soit une entrave à ce que font les gens. »

Propos de l’amiral Rickover rapportés pas Colin Powell (p. 307)

Vidéo à regarder

En passant

Scénario, réalisation et production possum interactive.
Co-écrit avec Isaac Getz
Co-animé avec Basile Zumer
Voix-off : Serge Thiriet – studio Scopitone
Habillage sonore : Mikael Kandelman – studio Meduson
Pourquoi vouloir interpeller sur le sujet de l’entreprise libérée ?
La réponse sur le site http://www.possum-interactive.com

Stop à la bureaucratie !

Dernièrement sur les chemins corse, j’ai rencontré une personne qui était diplomate, envoyée à l’étranger sur tous les lieux chauds du globe : Afghanistan, Turquie, Irak… Elle me partageait que la réalité du terrain est bien différente de la perception qu’en avaient les gens dans les bureaux de l’Union Européenne ou de l’Elysée. Le « décalage de perception est énorme » affirmait-elle.

Cela m’a d’abord paru normal (le phénomène bureaucratique aidant) mais ensuite en y repensant je me suis dit que c’était vraiment dramatique. Les décisions sont prises par des bureaucrates qui n’ont qu’une vision lointaine du réel. Celui qui est en haut de la pyramide a toujours l’illusion qu’il voit mieux le terrain, car il a plus de hauteur que celui qui est en bas…

imagesMais est-ce si vrai ? Jan Carlzon, président de SAS, a été le premier à évoquer le concept de la “pyramide inversée” (in Renversons la pyramide). A notre connaissance, celui qui a mis cette idée en œuvre en 1er est l’indien Vineet Nayar et directeur général d’HCL Technologies. Comment ? En redonnant le pouvoir de décision aux gens les plus proches du client et en mettant toutes les autres fonctions supports, direction principalement au service des opérationnels. Une vraie révolution. Il raconte cette histoire dans son livre Les employés d’abord, les clients ensuite (à lire absolument).