Genèse

Né de père et mère médecins soixante-huitards, Emmanuel Macron était très attendu, il venait après un petite fille mort-née. Il fut une véritable consolation pour sa mère, Françoise. Il est quasiment né avec une mission !

Sinon Emmanuel a connu une enfance plutôt dorée au cours de laquelle il a fait l’objet d’une grande admiration, de la part de ses parents, de ses professeurs, voire de ses camarades. Tous louent son intelligence et son incroyable capacité à rebondir en toutes circonstances tel un chat retombant toujours sur ses pattes. D’ailleurs, « ceux qui l’ont côtoyé il y a quelques années, lorsqu’il était encore un haut fonctionnaire inconnu, ne tarissent pas d’éloges sur ce jeune homme à l’écoute, bosseur, séducteur et à l’esprit vif. » 

Dans le même ce sens aussi, une femme a énormément compté dans sa vie, c’est sa grand-mère maternelle qui lui vouait quasiment un culte. En effet “Manette”, décédée en 2013, ancienne institutrice, a eu une forte emprise sur lui. Elle lui a transmis le goût de la littérature et de la poésie. Elle le faisait travailler et le tirait vers le haut. « Il n’est pas de jour où je ne pense à elle et où je ne cherche son regard », écrit l’éternel petit-fils dans son livre Révolution.

Le côté œdipien, “séducteur de la mère”, à la base même du profil TROIS est bien à l’oeuvre chez Macron. Ce n’est pas un hasard s’il a épousé Brigitte Trogneux, sa prof de français au lycée. « Aussi extraverti que sérieux, l’élève au regard clair est en quête de reconnaissance. Comme sur la scène du théâtre scolaire, où il monte une pièce avec celle qui deviendra la femme de sa vie, Brigitte. (…) Elle aussi va croire très tôt en lui. » Elle est aujourd’hui sa femme, son sponsor le plus fidèle et sa conseillère.

Devise (je brille donc je suis)

Lors du débat présidentiel avec Marine Le Pen en mai 2017, l’une de ses premières incises fut de dire : « Vous êtes la candidate de la défaite, je suis le candidat de la victoire ! » Emmanuel Macron apparaît comme extrêmement sûr de lui et centré sur lui. Le professeur Adriano Segatori psychiatre et psychothérapeute italien, va beaucoup plus loin. Il a analysé la personnalité d’Emmanuel Macron, à partir de sa biographie et des images de campagne de la présidentielle de 2017 : « Macron est un psychopathe qui travaille uniquement pour lui-même. (…) Macron n’aime pas la France, ni les Français. Il ne cherche qu’à valoriser son image et à s’appuyer sur celles et ceux qui la mettent valeur. » Pour conclure assez abruptement que « Macron, depuis sa jeunesse, nourrit une ambition hors norme. Il a besoin du regard et de l’admiration des autres pour compenser un complexe d’infériorité. » 

Dans le même sens, Virginie Calmels, ancienne directrice d’Endemol, soutien d’Alain Juppé, il faut le concéder, s’est exprimé également sur le sujet en comparant le profil d’Emmanuel Macron à celui des candidats d’émissions de télé-réalité. « J’ai été à la tête d’Endemol France pendant dix ans et je connais les effets de la surmédiatisation. Je sais que ça fait péter des plombs aux gens et ça n’a pas épargné Macron » , a-t-elle argué. « Avec eux, c’est dans Voici, avec Macron, c’est dans Paris-Match ! ». Bref, Emmanuel Macron se laisse voir comme une star médiatique de haut vol. Il parle bien, présente bien, se montre brillant. Tout semble réussir au plus jeune président élu, à ce jour, sous la V° République.

Orientation (réussite, réalisations)

Sa déclaration à l‘Obs’ sur son parcours parle de soi-même : « Je ne me voyais pas attendre quarante ans avant de réaliser des choses. J’avais envie de vivre ! ». Son parcours, fait d’hésitations, de tâtonnements est guidé par l’unique envie de réussir. Emmanuel Macron obtient son bac S en 1994 avec mention TB, alors qu’à 16 ans il était lauréat du concours général de français. Il ne pense pas d’abord à la politique : « ce dévoreur de livres, romantique et ambitieux, caresse le rêve d’autres vies : celles d’écrivain, de philosophe ou d’acteur de théâtre. Il s’inscrit au Cours Florent et passe des castings, sans être pris. Il échoue deux fois au concours de Normale-Sup. Il commence une thèse de philosophie qui ne sera jamais achevée. » Enfin pour « réaliser des choses », il entre à l’ENA en 2002, puis il rejoint l’inspection des finances. « Lors d’un séminaire de l’IGF à Cabourg en plein mois d’avril, il est allé se baigner pour impressionner la galerie, épater, et faire plaisir aussi », raconte l’un de ses anciens collègues. Boute-en-train et gros bosseur, séducteur envers « tout le monde, tout le temps », souligne le même. Que cela témoigne d’une faille ou pas, c’est un trait de caractère précieux en politique. »

Compulsion (l’échec)

« C’est un tueur hypersympa, mais c’est un tueur » , confie l’un de ses camarades de promo à l’ENA. Il se sert des gens et avance masqué. Nombre d’articles soulignent son caractère opportuniste. Le plus grand échec de sa vie qu’il a vécu comme un drame fut le fait de rater deux fois l’entrée à Normale Sup’, ce qui l’orienta ensuite vers Sciences Po.

Voici une belle description du profil TROIS : « Du Macron pur sucre. Chez qui désir de convaincre et angoisse de déplaire sont liés de façon étroite. Comme s’il ne pouvait supporter l’idée de découvrir autre chose que l’approbation ou l’assentiment chez son interlocuteur. Comme s’il avait du mal à ne pas revoir les regards admiratifs qu’il a presque toujours croisés depuis son enfance : chez ses parents, sa grand-mère, ses professeurs, ses copains. Puis chez tous ceux qu’ils l’ont aidé à gravir les échelons de la réussite parisienne. »

Autre trait marquant, c’est sa capacité à rebondir qui’l veut préserver à tout prix. Il ne supporte pas de se sentir enfermé, ni d’être dans une position de serviteur, il a un besoin éperdu de liberté. Car il a « le goût du pouvoir avec le pouvoir de l’amour. Il veut être élu mais il veut d’abord être aimé, par un acte de reddition inconditionnel, préféré à tous.» écrit Pascal Bruckner dans le Monde du 2 mars 2017. C’est là l’échec que Macron fuit réellement : ne pas être le préféré.

Mécanisme de défense (identification)

« Il drague toujours les vieux, se positionne toujours comme le fils rêvé » assène Julien Dray. « En tous cas, comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron ne déteste visiblement pas s’afficher auprès de personnalités populaires auprès des Français. »  A un moment de son parcours, Emmanuel Macron s’est tourné vers la philosophie, et s’est trouvé un maître à penser, un véritable père de substitution — Paul Ricœur — dont il est devenu l’assistant. « Tout en classant les archives du respecté philosophe protestant, il n’en trépigne pas moins d’impatience. Ce boxeur amateur veut agir, pas seulement réfléchir. » « Politiquement, il se cherche encore. Après deux ans au Mouvement de Jean-Pierre Chevènement, le MRC, il rencontre au début des années 2000 l’homme d’affaires Henry Hermand, qui devient son mentor. L’ancien résistant l’introduit auprès de Michel Rocard. Encarté trois ans au PS, Emmanuel Macron se greffe à cette filiation sociale-démocrate. Il prend goût à la politique. Il a trouvé sa voie. » 

Sur la route, il y a eu aussi l’inévitable Jean-Pierre Jouyet, qui parle d’Emmanuel comme d’un véritable « battant » ! Il a fait de Macron sa créature et réalisera assez tardivement que ce dernier s’est servi de lui comme d’un marchepied vers la politique. Plusieurs figures ont joué un rôle important dans vie, il maintient ainsi à travers elle, l’idée qu’il réussit. D’ailleurs lorsqu’il est élu président en 2017, on le voit dans l’émission les coulisses d’une victoire donnée sur TF1, dénigrer Hollande et Valls, dont il a été très proches auparavant, il se désidentifie ainsi de leur image de “loser”.

Triade infernale (vanité, inauthenticité, frime et mensonge)

Vanité ? Il le confesse lui-même. A la question d’un journaliste, en l’occurrence Jérôme Garcin de l’Obs, « Etes-vous sûr que vous auriez eu la vanité et l’humilité de devenir écrivain ? » Il répondit : « La vanité, oui, l’humilité, non. » Son arrogance lui est d’ailleurs souvent reprochée, comme s’il traitait les gens de haut. 

Inauthentique ? Vingt-sept. C’est le nombre de versions du discours qu’Emmanuel Macron a écrites à Lyon, le 4 février 2017, d’après le JDD. « Il a envoyé trois versions totalement différentes à ses proches six heures seulement avant son meeting. A la fin, nous étions perdus », indique un proche à l’hebdomadaire. Les équipes qui travaillent avec lui le qualifient de “perfectionniste”. « C’est un très gros bosseur, un bourreau de travail », expliquait le socialiste Julien Dray sur France Info quand Emmanuel Macron défendait la loi qui a pris son nom en 2015. Pour d’autres, ce n’est pas tant du perfectionnisme qu’une recherche du contrôle. “Emmanuel Macron veut tout contrôler”, pointe Marc Endeweld. Pas beaucoup de place pour la spontanéité et l’authenticité.

Menteur ? “Moi, jamais!”. Voilà 2 exemples sur le sujet :

1 – L’affaire Arcelor : « il sait aussi manier l’ambiguïté pour éviter l’affrontement. Jusqu’au bout, Arnaud Montebourg a été convaincu de l’avoir pour allié dans sa volonté de nationaliser le site d’ArcelorMittal à Florange – ce qui n’était pas le cas. Aveuglement du ministre ou double jeu du conseiller ? Des anciens du cabinet Montebourg ont conclu à la duplicité. » 

2- Un article de BFMTV du 12 novembre 2014 qui signale que « le ministre de l’économie Emmanuel Macron a discrètement donné son accord au rachat que son prédécesseur Arnaud Montebourg avait tant critiqué. (…) Ce feu vert était nécessaire suite au décret sur les investissements étrangers, signé le 14 mai dernier par Arnaud Montebourg justement. Ce décret soumet à l’approbation de Bercy tout rachat dans les télécoms. Quelques jours après, Emmanuel Macron a aussi autorisé au même titre la vente d’Alstom à General Electric, en publiant cette fois un communiqué.” Rappelez-vous sa réponse niant ces faits lors du débat face à Marine Le Pen le 3 mai 2017.

Non-verbal

Ce qui frappe quand on coupe le son, c’est la ressemblance de sa gestuelle avec celle de Nicolas Sarkozy. Quelques mimiques communes. La tête en avant pour convaincre et amadouer ses interlocuteurs et le maintien du contact physique avec ses interlocuteurs. Le sourcil gauche souvent relevé (signe d’un problème d’image avec soi-même), le haussement d’épaules par moment. En revanche, il hoche beaucoup plus la tête et opine du chef plus régulièrement (côté mental versus côté instinctif). 

Lorsqu’en meeting il hausse le ton, sa voix déraille et se perd dans les aigus. Ce n’est pourtant pas ce geste qu’il fallait retenir dans son discours selon le “synergologue” Stephen Bunard. Il assure ainsi que c’est le visage de l’ancien locataire de Bercy qui est le plus intéressant à analyser : « On peut le comparer à celui d’un sportif de haut niveau qui gagne une course importante. » Il y a du Lance Armstrong (un autre TROIS) chez Macron ! « Le vainqueur ne montre pas de la joie mais de la colère, de la rage. Macron perd le contrôle car il est emporté par la foule et il n’a jamais vécu ça. Il est en exaltation et montre qu’il la rage de gagner. Comme le sportif de haut niveau, il se voit franchir la ligne d’arrivée. Tout cela se passe de manière inconsciente. » Selon Stephen Bunard, Macron a une manière très expressive de s’exprimer. « Il y a aussi beaucoup de codes inconscients de séduction », dit-il. Autre aspect décrypté par le spécialiste : le mouvement de ses mains lorsque l’énarque expose ses idées. « Les poignets sont élevés, ça s’est des choses que l’on voit chez des gens qui sont dominants.». Son grand engagement et son implication sont exprimés par cette gestuelle.

Hiérarchie des centres ([E]MIE)

Macron a énormément d’entregent, il est hyper relationnel. C’est un homme plutôt sympa et froid ! Nombreux sont ceux qui soulignent le caractère très ferme et dur d’Emmanuel Macron, notamment lorsqu’il a un objectif et qu’il est décidé à l’atteindre. L’humain, l’émotionnel est alors relégué au second plan. « La plupart des portraits qui sont dressés d’Emmanuel Macron parlent d’un homme à plusieurs visages, complexe, insondable. A la fois affable, proche des gens et sans affect. »  Cela explique notamment ses bourdes de langage traduisant sa relation au réel, lorsqu’il parle aux femmes de Gad ou bien qu’il s’emporte face à des grévistes à Lunel. Pour beaucoup, ces sorties révèlent le mépris d’Emmanuel Macron pour les classes populaires. D’ailleurs Martine Aubry un jour a vu rouge. Lors d’une conférence de presse elle s’est lâchée sur Emmanuel Macron, évoquant même son ras-le-bol face aux sorties du locataire de Bercy. Elle a confié de moins en moins supporter l’arrogance d’Emmanuel Macron et son ignorance de ce que vivent les gens. 

L’ambivalence et l’alternance entre chaud et froid de sa personnalité, peut s’expliquer par une dominante émotionnelle réprimée. Dès lors, la question est de savoir quel est le centre relais afin de déterminer la variante. Et là on tombe sans hésitation sur le centre mental, voici 5 arguments :

1- Petit, son père Jean-Michel témoigne qu’il fallait plutôt l’inciter à faire du sport, car il était bûcheur. Avec son frère ils se battaient parfois, Laurent physiquement et Emmanuel avec des mots, sous forme de joute oratoire ! 

2- Il a peu d’amis. « Emmanuel a besoin de tout le monde et de personne. On ne rentre jamais dans son périmètre. Il les met à distance » assure sa femme.

2- Bruno Le Roux, député PS, parle d’Emmanuel Macron comme quelqu’un qui  a le talent de « situer la discussion au niveau où chacun de ses interlocuteurs veut la placer ». Cale fait échos au côté d’Emmanuel qui est quelqu’un de sensible, qui sait manifester une véritable forme d’empathie cognitive. C’est-à-dire « l’aptitude à se représenter les états mentaux d’autrui, en somme la mentalisation. »

3- « Moi, j’ai lu Marx et Hegel, contrairement à beaucoup de gens qui les citent », glisse-t-il. La question est de savoir si son originalité est un simple artifice destiné à enrober une pensée déjà banale dans la haute fonction publique et les affaires, ou si elle annonce de nouvelles pratiques et modes de pensée politique. Pour Julien Dray, un fan, « Macron peut devenir le prototype du politique du XXIe siècle, pragmatique sans être dans la détestation de l’idéologie. »

4- Brigitte, sa femme, était déjà mariée et mère de trois enfants quand ils se sont rencontrés. « De plus de 23 ans son aînée, elle va refaire sa vie et l’épouser en 2007. Ils formeront dès lors un duo inséparable. Aujourd’hui encore, Brigitte le conseille, comme un coach son champion. Elle a suivi de près toute la campagne. Elle est son fil à plomb, celle qui veille à ce qu’il ne perde pas contact avec la réalité. » En termes d’ennéagramme, on pourrait dire qu’elle a pour fonction d’équilibrer son mental qui peut partir en vrille et se déconnecter du réel émotionnel ou concret.

5- Enfin selon Stephen Bunard, « Quand il dit qu’il a beaucoup réfléchi, son regard va souvent vers le bas comme s’il allait rassembler des choses vécues, des choses ressenties. » On voit là toute l’ambivalence émotionnelle/mentale de Macron.

M. Macron semble bien être un magnifique TROIS mental, variante µ.

PS : Bien sur, cette étude assez complète reste une hypothèse qui demanderait à être validée par l’intéressé lui-même.

Parmi les Sources de l’article

  • Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait, Anne Fulda, édition Plon 2017.
  • Article Emmanuel Macron, une ascension éclair, La Croix, Sébastien Maillard, le 07/05/2017.
  • Article d’Elsa Freyssenet, paru en 2015 dans Les Échos— https://m.lesechos.fr/0204108277307.htm#
  • Article sur http://www.medias-presse.info/debat-de-lentre-deux-tours-emmanuel-macron-a-menti-cest-bien-lui-qui-a-cede-sfr-a-patrick-drahi-preuves-a-lappui/73504/
  • Article sur http://lagauchematuer.fr/2017/05/04/un-psychiatre-affirme-macron-a-le-profil-dun-narcissique-il-naime-ni-la-france-ni-les-francais/#Ug1QfvoXBCr7QXHj.99
  • Article sur http://information.tv5monde.com/info/portrait-emmanuel-macron-l-homme-presse-153980